idées


Un pharmacien normand vraiment trop dynamique

Dernière mise à jour 14/02/2017
Ginette Bléry

Idées. Un site internet pour une entreprise c’est bien, faire de la vente sur ce site c’est mieux…c’est le point de vue du Gouvernement français qui constate que 10 à 15% seulement des PME nationales réalisent leurs ventes en ligne. Alors le gouvernement va lancer un appel d’offre en mars pour accélérer leur passage à la vente numérique. Il prévoit l’attribution d’un chèque numérique de 300 euros et est censé aider les PME à s’offrir les conseils d’une société spécialisée (Ce n’est pas trop généreux ndlr). Il s’ajoute à de nombreux autres chèques pour aider au développement numérique du pays. Les Régions se sont impliquées aussi, la Nouvelle Aquitaine propose 150.000 euros là où la Normandie offre plus modestement 5.000 à 10.000 euros.

Bref la vente en ligne a le vent en poupe mais une fois de plus nous sommes confrontés à une forme de liberté plutôt soviétique car la commercialisation de tous les produits n’est pas acceptée, l’e-pharmacien de Caen vient de l’apprendre à ses dépends.

Pionnier avec son site www.pharma-gdd.com Philippe Lailler, installé dans un quartier populaire de Caen a commencé depuis 2011 à vendre les médicaments non soumis à prescription obligatoire  sur internet. Activité autorisée par l’Europe qui laisse toutefois à chaque pays le soin de s’organiser et la France traîne les pieds, après bien des bagarres le pharmacien obstiné obtient l’autorisation.

Le site rencontre un franc succès, 40.000 envois au départ pour 100.000 commandes l’an dernier, soit 30% de son chiffre d’affaires de l’an passé. Résultat il faut un nouveau bâtiment de 350 m² mais à 3 km de la pharmacie mais ce sont des pharmaciens qui travaillent dans ce stock. L’Agence Régionale de Santé voit rouge et évoque des modifications substantielles de l’officine. Maintenant les juges de la cour administrative d’appel de Nantes qui ignorent que la France veut promouvoir le commerce numérique, exigent que les locaux de l’officine forment un ensemble d’un seul tenant. .Le pharmacien va maintenant saisir le Conseil d’Etat. (Source des informations Les Echos 13/02/2016).

Comme souvent en France la réussite devient très vite suspecte et dès qu’il s’agit du monde du médicament l’utilisateur est toujours perçu comme un débile léger à qui il ne faudrait pas laisser trop de liberté même s’il paie de ses deniers sans faire appel à ceux de la Sécurité Sociale.

Ginette Bléry