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L’élection d’un Président vu par Michel Valois un Normand aux Etats-Unis

Dernière mise à jour 17/02/2017
Michel Valois

Idées. Nous avons déjà eu l’occasion de présenter Michel Valois, normand qui a travaillé à la Mission d’Études d’Aménagement de la Basse Seine. Economiste, créateur d’entreprises de communication, consultant en management il vit aux Etats-Unis où il a suivi en direct l’élection de Trump. Il nous en apporte une vision différente de ce que nous avons pu avoir dans la presse française.

Il n’y a pas de prince parfait. Machiavel

Ce papier, écrit eu après les élections américaines, est juste ce que, franco-américain, je vois de ma lucarne, à travers mon prisme personnel. Je m’efforce d’être factuel et de ne pas énoncer de préférence partisane. Mais il est impossible de ne pas entrer dans le domaine des jugements de valeurs, car une grande partie de la campagne, qui a été très partisane et clivante, a été constituée de jugements de valeurs d’un candidat sur l’autre candidat ou sur ses électeurs potentiels. Ces discours ont été des ‘faits’ de la campagne.

Je ne prétends pas tenir la balance égale entre Clinton et Trump. Je relate les points qui ont marqué, sans attacher d’importance aux jugements portés a priori au vu de faits anciens, de paroles prononcées il y a 30 ans. En tout état de cause, comme la presse française (et une grande partie de la presse américaine) a constamment eu la main lourde contre Trump, vous pourrez allonger à votre gré la liste des éléments à mettre à son débit. Par ailleurs, Mme Clinton étant dans la politique depuis environ 40 ans, on peut politiquement juger l’arbre à ses fruits. Trump, lui, est élu pour la première fois. Certes il a mené une campagne agressivement de droite, mais homme d’affaires accompli, il est par tempérament et par expérience un réaliste. Il est possible qu’il agisse de façon plus pragmatique que ce que ses discours de campagne ne laissent envisager. D’ailleurs, on peut déjà noter, depuis deux semaines, des déclarations de lui plus réalistes. La visite que Mit Romney (qui fut candidat Républicain malheureux il y a quatre ans) lui a rendue est également notable. Ils s’étaient écharpés pendant la campagne et Romney a été, pendant un, moment, l’animateur d’un mouvement « Tout sauf Trump ».

Une surprise pour beaucoup

Un journaliste de sport du New York Times est resté célèbre pour avoir demandé, après l’élection surprise de l’impopulaire Nixon en 1960 : « Mais qui a bien pu voter pour Nixon ? Vous connaissez, vous, des gens qui ont voté pour Nixon ? ». Les sociologues parlent de « pensée de groupe ». Vous pouvez imaginer la surprise, le lendemain des élections des habitants de Washington DC puisque le pourcentage de votants pour Hillary dans cette ville a été supérieur à 92 % !... Pour certains, qui ont vu des manifestants brandir des pancartes marquées « Trump=Hitler » cette élection qu’ils pensaient impossible est un vrai traumatisme !

Réactions et manifestations

Sur certains campus universitaires, le malaise a été tel que des consultations psychologiques ont été organisées. Dans une université, des étudiants ont pétitionné pour le report des examens semestriels. Jeunes étudiants moins mûrs aujourd’hui que naguère ? Disparition du principe de réalité dans un climat progressiste ?

Il y a eu des manifestations avec violences, mais étaient-elles spontanées ? Nous avons pu voir, au cours de la fin de la campagne, grâce à Wikileaks, des emails de la ‘Campagne’ Clinton (par ‘Campagne’ entendre l’organisation en charge de sa campagne, donc des emails échangés entre Mme Clinton et ses proches ou avec le parti démocrate), que les troubles qui ont eu lieu autour et dans des meetings électoraux de Trump (il y a plusieurs mois) avaient été professionnellement organisés par un proche ou membre du parti démocrate qui avait été « payé » pour ce faire, dans le but de faire passer Trump pour un violent, suscitant la violence. Après cette révélation, des journalistes ont enquêté et découvert que cet individu avait été reçu environ 350 fois (sic) à la Maison Blanche d’Obama au cours des 7 dernières années... On parle aussi de l’influence (sonnante et trébuchante) du milliardaire philanthrope d’origine hongroise Georges Soros, progressiste très engagé du côté démocrate. Il ne faut pas non plus perdre vue le risque de manipulations par des chefs de gangs de drogue qui ont tout à perdre d’une administration qui proclame vouloir faire respecter la « loi et l’ordre » ou encore par des meneurs d’illégaux craignant d’être refoulés. En tous les cas, sur la douzaine de troublions arrêtés lors de manifestations violentes dans l’Oregon : six n’avaient pas voté et six avaient voté pour Fidel Castro (sic) (c’est possible, car on peut marquer un nom à la main sur le bulletin, mais ils ont peut-être dit ça par provocation). Après tout, pendant la présidence Obama il y a eu pendant des années une agitation permanente, le mouvement Occupy Wall Street, qui fut soutenu par les progressistes mais qui a fini par mourir de sa belle mort…Aujourd’hui (26 novembre), tout a l’air de se clamer. Certains analystes disent : « C’est l’hiver, ça reprendra au printemps, au premier faux-pas du nouveau président. »

Sens démocratique des médias français

Pendant les jours qui ont suivi l’élection, j’ai entendu des journalistes français, des experts consultés en plateau, et des journalistes français en poste à Washington, parlant encore et toujours avec mépris du « milliardaire Trump » et de son électorat de « petits blancs » (sic). Ils avaient l’air de faire la campagne d’un pays étranger et de ne pas s’être aperçus que les électeurs avaient rendu leur verdict. Mais c’est une vielle histoire. Je me souviens encore de la presse française parlant avec mépris de Reagan––qui reste ici un président qui a réussi et avait fortement relancé l’économie––qu’elle qualifiait régulièrement « d’acteur de films de série B ».

La spécificité du système américain

Pour les Français qui l’ignorent, le système des élections présidentielles américaines est à deux étages. Dans chaque État, les électeurs votent pour l’un des candidats. Jusque-là, c’est simple.

À ce niveau il y avait en fait 4 candidats : en plus de Donald Trump, républicain, et d’Hilary Clinton, démocrate, il y avait Gary Johnson, un ‘libertarien’ (qui restera célèbre pour être resté sans voix lorsqu’un journaliste lui avait posé la question « Et Alep ? ». Il n’avait jamais entendu le nom de cette ville !), et Jill Stein, écologiste (qui, elle, restera célèbre pour avoir lancé à grand frais un recomptage des voix dans quelques états, qui s’est traduit par davantage de voix en faveur de Trump.

Au niveau de chaque État, le candidat qui emporte la majorité obtient la totalité des délégués de l’État (expression consacrée : « the winner takes all »). Le nombre de délégués dans chaque État est plus ou moins grand en fonction de son poids démographique (mais les petits États sont surreprésentés). Par exemple la Floride a 29 délégués. Est élu président celui qui a obtenu la majorité des délégués au niveau de l’ensemble du pays. Il y a une réunion à Washington, en décembre, de ce corps, qui n’existe que pour l’élection, afin de formaliser le vote. Ce système entraîne que le Président peut être élu, sans avoir obtenu la majorité des suffrages populaires à l’échelle nationale. Ce qui est le cas cette fois : Trump a une large majorité des délégués des États (290 contre 232 pour Clinton) mais n’a pas eu la majorité des suffrages populaires. Mme Clinton a eu 2 millions de voix de plus que Trump, soit environ 3 %.

Une carte est intéressante : elle donne les résultats par comtés. Le poids des grandes villes peut faire pencher systématiquement la balance de l’ensemble d’un État (par exemple l’État de New York et celui de Californie sont largement du côté démocrate), mais la presque totalité des comtés peut être de l’autre bord. Le code couleur ici est bleu pour les démocrates et rouge pour les républicains. Donc si l’on prend la carte des résultats de cette élection par États, Californie et New York sont de grosses taches bleues. Mais si l’on prend les résultats par comtés, la carte est fortement rouge, parce que Trump l’a emporté assez systématiquement dans les comtés ruraux.

À noter que les élections qui sont à la fois du président, des représentants (= députés) et des sénateurs en fin de mandat, sont l’occasion de questions locales de type référendaire. Un certain nombre d’États qui ne l’avaient pas encore fait, ont demandé cette année aux électeurs s’ils étaient pour la légalisation de la marijuana. L’analyse des votes montre que, en Californie que 700.000 électeurs ont voté (pour ou contre) à cette question sans exprimer de choix pour le président (mais cela ne fait que 6% du total des votes exprimés pour le président).

La morale en politique

Les ‘progressistes’ (appelés ici ‘libéraux’), c’est-à-dire la plus grande partie des démocrates, un grand nombre de journalistes et la plupart des vedettes d’Hollywood et de la télévision, se drapent souvent dans des ‘valeurs’ (justice sociale, droits de l’homme, démocratie, respect des minorités, inclusivité/intégration, lutte contre le racisme, etc..) pour justifier ce qu’ils font ou ce qu’ils revendiquent et, ainsi, se placent constamment dans une posture de « supériorité morale » (holier than you – je suis plus saint que vous). Ils sont convaincus que les autres ont tort pour des raisons ‘morales’ et donc qu’ils ne sont pas ‘respectables’. (Ça fait penser à Sartre – très ‘reconnu’ ici – pour qui ceux qui ne pensaient pas comme lui étaient des ‘salauds’).

Le grand argument des minorités, notamment sexuelles (LGBTQ) c’est de demander à être ‘respectés’. La difficulté c’est que les progressistes ont tendance à ne respecter les autres que lorsqu’ils ont les mêmes idées qu’eux. Ces jours-ci, sur les médias sociaux, le « directeur adjoint des admissions » d’une grande université publique de la banlieue de Washington a affiché son opinion bien tranchée : « Celui qui est pour Trump is a worthless piece of trash (détritus, bon à rien) » (Il s’est retenu, car l’expression populaire habituelle est piece of shit. Quand les adultes encadrant les étudiants en sont à ce niveau de respect pour les idées des autres, est-il étonnant que les étudiants soient dans le désarroi ? On peut aussi décliner le thème de « l’inclusivité ». Selon les progressistes, la société ne doit exclure personne… sauf les gens qui sont ‘de droite’. Ça fait penser à la phrase de Saint-Juste : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »

Au fond, c’est une vieille tendance bien humaine : demander à être respecté seulement quand on est minoritaire. Il n’est que de comparer, en France, l’opinion actuelle de l’Église catholique française favorable à la liberté religieuse, avec ce qu’elle disait au XIXe siècle quand le pouvoir politique lui était favorable.

D’ailleurs un des temps forts de la campagne (certains disent un tournant) aura été un discours de Mme Clinton illustrant jusqu’à la caricature cette attitude. Elle a qualifié « la moitié des sympathisants de Trump » de « bande de pitoyables, d’irrécupérables (irredeemable) (sic) » On peut difficilement faire plus fort ! Il est donc très tentant pour tous ceux qui ont toujours été baignés dans cette culture de gauche de s’insurger contre un vainqueur jugé moralement non qualifié, ou que beaucoup –– « la campagne » de Clinton + le parti +la présidence sortante + beaucoup de journalistes –– se sont employés à disqualifier.

Il y aurait une comparaison à faire entre l’emploi traditionnel par les intellectuels de gauche français de l’accusation de fascisme pour disqualifier ses opposants et l’emploi ici de l’accusation de racisme. Prenons par exemple le cas de celui qui pourrait devenir le ministre de la Justice (ici : Attorney General) qui, en tant que juge autrefois, a eu l’occasion de condamner des membres du Ku Klux Klan. Il lui est reproché par les démocrates d’avoir employé le mot ‘nègre’ dans les années 80 pour démontrer qu’il était (qu’il est et qu’il restera à jamais) raciste. Or, si ce mot devenu progressivement tabou, je l’ai entendu, à la télé, il n’y a pas longtemps dans la bouche d’un noir tout à fait comme il faut qui s’adressait à un autre noir. [Plus récemment, 10 février, un sénateur républicain noir de Caroline, a lu, à la télé, des extraits de messages violemment hostiles qu’il a reçus de noirs démocrates qui le traitent de tous les noms pour « trahir la cause des noirs ». Il est traité au mieux de « nègre de salon ». Interrogée à la télévision, Dr. Alveda King, nièce de Martin Luther King, n’a pas hésité à affirmer que les démocrates jouent la carte du racisme en essayant de dresser les noirs contre les blancs]

La presse

Naguère, l’éthique de la profession établissait une séparation sacro-sainte entre les ‘journalistes’ rapportant les faits (hard facts) et les ‘commentateurs’ donnant leur opinion. Mais cette division s’est volatilisée depuis pas mal de temps, au moins depuis la première campagne d’Obama il y a neuf ans. Une grande partie de la presse (les grands journaux, qui penchent traditionnellement du côté démocrate, NY Times et Washington Post sur la côte Est et bien d’autres dans le reste du pays, plus les chaînes de TV classiques ABC, CBS, NBC, + CNN) s’est rangée dernière Obama contre vents et marées (ce qui explique sans doute que la cote d’Obama reste aujourd’hui favorable dans l’opinion, autour de 50% : ses scandales ont été tus ou minorées et ses réussites valorisées).

Cette presse a, par exemple, fait de son mieux pour ignorer l’affaire de Benghazi, il y a 4 ans. Mme Clinton était Secrétaire d’État, donc en charge de la diplomatie (et donc des ambassadeurs). Sous les ordres du Président Obama (on peut supposer), elle a laissé l’ambassadeur US en Lybie et trois de ses collaborateurs se faire massacrer par une bande de terroristes sans leur porter le moindre secours, puis a menti effrontément sur les faits. L’ambassadeur avait tenté de la joindre des « centaines » de fois, en vain. Quelques hélicoptères américains auraient pu être envoyés en renfort. Mais c’était un mois avant l’élection présidentielle qui devait réélire Obama. Le mot d’ordre (dans l’administration Obama) a été de ne pas risquer de perdre l’élection et de ne pas porter ombrage à l’image du prix Nobel de la Paix, en faisant croire à l’opinion que le pays n’était pas en guerre, même avec l’Islamisme radical qui, d’ailleurs, n’existe pas pour Obama).

Pendant cette campagne-ci, un journaliste a clairement expliqué que, comme Trump était un candidat inadmissible, l’habituel devoir de neutralité des journalistes d’information était abrogé. Il se sentait le devoir de tout faire pour dénigrer Trump et le faire battre.

La gauche et les ouvriers

Autrefois, alors que la droite était supposée défendre les intérêts des possédants, la gauche défendait les pauvres, les ouvriers. Mais, ici comme ailleurs, les ouvriers sont de moins en moins nombreux et politiquement de moins en moins ‘intéressants’ pour les démocrates, pas révolutionnaires et même pas assez ou pas du tout ‘progressistes’ (en matière mœurs notamment). La mode est à la défense des minorités (notamment sexuelles). Ici, il y avait traditionnellement un soutien des syndicats au parti démocrate. Mais cette époque et révolue. À la surprise générale, Trump l’a emporté dans ce qu’on appelait naguère la « Rust Belt », la ceinture rouillée, tous ces États qui étaient fiers de leurs usines sidérurgiques, automobiles et autres (aujourd’hui parties en grand nombre au Mexique ou en Chine). L’analyse du scrutin montre d’ailleurs que la victoire de Trump est venue de ce que des gens qui avaient voté Obama aux précédentes présidentielles ont voté cette fois pour Trump.

La déconfiture des sondeurs

Il y a une forte différence entre les méthodes de sondage politique ici et en France. Ici, la méthode est ‘aléatoire’ alors qu’en France les instituts travaillent en segmentant la population par segments sociaux (hommes, femmes, agriculteurs, etc..). (Peut-être que la forte segmentation de la population ici, minorités raciales, zones géographiques, etc., rend la méthode des quotas trop difficile, trop onéreuse). Traditionnellement, les gens sont censés appartenir à un parti (républicain ou démocrate) ou bien être indépendants et le grand jeu des sondeurs consiste à chercher si les gens étiquetés pour un parti vont voter pour le candidat de leur parti et pour qui vont voter les ‘indépendants’.

Mais, le taux général de participation est en général assez faible, l’une des variables majeures est le degré d’enthousiasme des électeurs autrement dit leur volonté ou non de faire l’effort d’aller voter. L’enthousiasme étant difficile à mesurer, les sondeurs utilisent les informations sur « l’image » plus ou moins positive qu’ont les candidats. Là les sondeurs étaient embarrassés, constatant que l’image des deux candidats était mauvaise…

En fait, il s’est avéré qu’un certain nombre d’électeurs a priori démocrates n’ont pas voté (parmi les jeunes et les noirs) ou ont voté Trump, alors que les électeurs que Trump a attiré à ses meetings, dont certains n’avaient jamais voté, ne lui ont pas fait défaut. Certains analystes parlent d’une ‘révolte’ du peuple contre les élites censées le représenter.

De plus, compte tenu du climat très « clivé » et de la mauvaise image de Trump donnée par la presse, il est probable que des électeurs ayant l’intention de voter Trump ne l’ont pas dit aux sondeurs qui les interrogeaient.

La déconfiture des sondeurs est aussi celle des experts (qui s’appuient beaucoup sur les sondages). Depuis l’annonce par Trump de son intention de se présenter aux primaires, jusqu’au jour de l’élection, la plupart des politologues n’ont cessé de proclamer et de prouver par A + B que Trump n’irait pas jusqu’au bout, qu’il n’avait aucune chance et, finalement, qu’il était ‘impossible’ qu’il gagne.

Le résultat de l’élection peut s’analyser comme une victoire de Trump et une défaite de Mme Clinton, commençons par cette dernière.

La défaite de Mme Clinton

La volonté de pouvoir et d’argent

Ça fait près de 50 ans que le couple Clinton est dans la politique (il a été élu Gouverneur de l’Arkansas pour la première fois en 81) et l’on peut dire que ce couple (en dépit des vicissitudes conjugales… de part et d’autre) est uni par un pacte : elle a tout fait pour l’aider et en retour, son heure à elle étant venue, il a fait tout son possible pour l’aider. Leur couple est uni par un pacte pour le pouvoir, d’abord, puis pour l’argent. Leur réputation est de n’avoir ni scrupules, ni parole. Les règles qui s’imposent aux autres ne s’imposent pas à eux. Tous deux juristes, ils savent se couvrir, au prix parfois d’arguties (Bill lors de son procès pour ‘impeachment’ : « tout dépend du sens que l’on donne au mot être » (sic).

La défaite d’Hillary contre Obama en 2008 a été dure pour elle. Au cours de la campagne, Obama avait dit qu’elle était « prête à dire n’importe quoi pour se faire élire » (la télé a ressorti récemment la vidéo).

La fondation Clinton

Le couple a créé une Fondation supposée charitable (donc exonérée d’impôts), véritable machine de guerre : à la fois machine à sous et machine de pouvoir au plan mondial.

Les derniers chiffres que l’on ait sont les suivants : sur l’ensemble des donations faites à ce fonds, seulement 6% ont été versé à des œuvres charitables. Par contre ce fonds a payé les frais du mariage de la fille et subvenu aux besoins de celle-ci pendant dix ans.

On a aujourd’hui, depuis les dernières semaines de la campagne, grâce à Wikileaks, beaucoup de détails troublants. Mme Clinton, Secrétaire d’État (i.e. ministre des Affaires étrangères) exigeait des versements à son fonds de ses interlocuteurs (de tous pays) qui demandaient quoique ce soit, ne serait-ce qu’un rendez-vous. Par exemple, le roi du Maroc, pour la participation de Mme Clinton, à une manifestation au Maroc, a dû verser 12 millions de dollars au Fonds Clinton.

C’est donc la corruption la plus caractérisée, au plus haut niveau. Le FBI enquête (discrètement) sur cette affaire, en parallèle à l’enquête sur l’affaire des emails. [Notons que contrairement au ministère de la Justice qui est truffé de juristes nommés pour des raisons politiques, le FBI n’a que son Directeur qui est nommé par le gouvernement, et d’autre part que si le FBI enquête et instruit les affaires, la seule instance habilitée à inculper est le Ministère de la Justice].

L’enjeu des élections, pour les Démocrates, n’était donc pas seulement de garder ou non le pouvoir, mais aussi d’éviter un possible grand déballage et une série d’inculpations.

L’affaire du ou des serveurs privés d’emails d’Hillary

Le système de pouvoir en place n’a pas voulu inculper Mme Clinton. Obama voulait sauver son héritage, donc était horrifié à l’idée de laisser la présidence à Trump qui a dit vouloir « drainer le marécage de Washington » et remettre en cause pas mal de décrets présidentiels d’Obama. Par ailleurs, contrairement à ce qu’Obama a dit (« Je l’ai découvert le jour la presse en a parlé » (sic)), il était parfaitement au courant du « serveur privé » d’Hillary alors qu’elle était Secrétaire d’État puis qu’il a reçu d’Hillary des emails officiels venant de ce serveur privé et leur a répondu. Le soutien d’Obama à Hillary a donc tenu à la conscience qu’il avait que, si jamais, elle était inculpée, il serait au premier rang des témoins…

L’affaire du ou des serveurs privés utilisés par Hillary pour ses emails, (situé(s) dans sa maison) est grave car certains – au moins une centaine – de ses emails contenaient des secrets d’État et son serveur a été plusieurs fois piraté par au moins cinq puissances étrangères. Grâce à Wikileaks, c’est sur la place publique. La faute d’Hillary est présentée par Obama comme bénigne (a honest mistake), mais Hillary a détruit des emails qu’elle avait envoyés comme Secrétaire d’État et qui étaient exigés subpoena par le Congrès, donc en plus de ses mensonges, il y a eu obstruction à la Justice et aveu implicite de culpabilité. Elle a dit qu’elle avait fait le choix d’un serveur chez elle par commodité (sic) (pour n’avoir qu’un seul téléphone portable) Mais, en fait, elle avait en fait une dizaine d’engins électroniques portables (dont un a été détruit à coups de marteau !) En fait, elle voulait garder les serveurs chez elle pour pouvoir détruire ses emails portant la trace de ses forfaits et ainsi les faire échapper à l’administration et être à l’abri de requêtes de communication émanant de citoyens/journalistes en vertu de la Loi FOIA. Elle voulait à tout prix que les preuves de ses manigances échappent à toute enquête, même de journalistes.

Petit détail révélateur, l’épouse de l’homme du FBI chargé de cette enquête – le n° 2 de la maison – s’est présentée récemment à des élections. Or un des barons du système Clinton, actuellement Gouverneur de Virginie, lui a fait une substantielle donation… Je passe sur la rencontre supposée fortuite entre la Ministre de la Justice elle-même et Bill Clinton, sur la piste d’un aéroport perdu au fin fonds du pays – qui serait restée secrète s’il n’y avait eu un journaliste dans le coin. Version officielle : Je passais par-là, j’ai vu de la lumière dans ton avion... Comment vont les enfants ? C’est plus que l’apparence d’une inconvenance. Comme on dit en Français : « La femme de César doit être insoupçonnable ».

Le Directeur du FBI a annoncé qu’il n’y avait pas matière à poursuite criminelle, parce qu’il n’était pas possible d’établir une « intention criminelle » mais il a dit qu’elle avait été « extremely careless », gravement négligente. Or, selon le bon sens et selon le Code pénal, la gravité de la négligence se mesure aux effets et non aux intentions. Donc le rejet de l’affaire a été purement politique et au mépris du droit.

Pendant ce temps-là, un simple sous-marinier fait actuellement un an de prison parce qu’il avait sur lui des photos de son sous-marin qu’il n’aurait pas dû prendre.

La stratégie politique

La stratégie politique de Mme Clinton était simple :  reproduire l’alliance politique qui avait si bien réussi à Obama : les femmes (que je n’inclus pas dans les minorités puisqu’ici elles représentent 53% du corps électoral), les jeunes et toutes les minorités, blacks, hispaniques y compris la communauté LGBT (Temps fort de la campagne : Hillary a justifié l’avortement jusqu’aux derniers jours, quand c’est quasiment un infanticide).

A priori, comme Obama recueille aujourd’hui de l’ordre de 50% d’opinions favorables, s’inscrire dans la continuité était jouable. Mais, il y avait à gérer un héritage et les ‘bagages’ d’Hillary étaient trop chargés. Ce ne pouvait être que Trump qui soit le candidat du changement. Candidat du changement il l’a été et il est possible que le changement soit important, soit un renversement d’orientations de la politique américaine (notamment un virage vers un protectionnisme économique) peut-être pour des lustres.

La victoire de Trump

Respect de la constitution

J’ai entendu, ces jours-ci un journaliste ou expert français tenter de rassurer les téléspectateurs français « inquiets de la victoire de Trump » et expliquer, avec condescendance, que, aux États-Unis, le Président ne pouvait pas faire n’importe quoi, qu’il y avait la constitution, que son pouvoir était limité par des contre-pouvoirs…

Or parmi les toutes premières décisions que doit prendre Trump il y aura celles d’annuler des centaines de décrets présidentiels qu’Obama a pris en violation de la Constitution ou de lois en vigueur, par exemple l’interdiction faite à la Police des frontières (ICE) de reconduire des immigrants illégaux qui sont des repris de Justice qui, selon la loi, doivent être expulsés.

Un jour Obama s’est vanté devant les caméras : « j’ai un téléphone et un stylo » indiquant par là qu’il gouvernerait par décrets présidentiels, pour contourner les Chambres. Donc Obama a usé et abusé de son pouvoir présidentiel et la victoire de Trump est en partie le résultat d’une colère contre ce mode de gouvernement.

L’expulsion des immigrés illégaux (repris de justice) et les villes sanctuaires

À noter, ici, l’affaire des villes qui se sont déclarées –– depuis longtemps déjà – ‘sanctuaires’ c’est-à-dire qu’elles n’acceptent pas de coopérer avec les autorités fédérales concernant des immigrés qu’elles ont arrêtés pour délit ou crime (des dizaines de villes se sont déclarées sanctuaires). Il est certain qu’il y a un petit flou juridique dans l’exercice des pouvoirs entre les autorités fédérales et les autorités locales, mais cette affaire des villes sanctuaires est une entorse au droit en vertu censément de préoccupations humanitaires qui cachent mal des intérêts politiciens (ce sont des villes démocrates et les latinos immigrés votent démocrate). Trump, au cours de sa campagne a dit qu’il y mettrait bon ordre en suspendant le versement des subventions fédérales aux villes se déclarant sanctuaires. Ces jours derniers nous avons entendu le maire de Chicago (ancien directeur de cabinet d’Obama) affirmer que sa ville « resterait un sanctuaire » et disant, à l’adresse des immigrés, qu’ils étaient et resteraient « en sûreté et en sécurité » à Chicago. Ce qui ne manque pas de sel, puisque, dans cette ville le taux de criminalité violente et notamment de meurtres (en particulier dans les quartiers noirs) bat tous les records (par rapport aux autres villes et par rapport au passé).

La question des risques d’expulsion de latinos est agitée en ce moment. Il faut dire que Trump a fait fort en parlant, pendant la campagne, d’en expulser 11 millions. On parle aujourd’hui, dans son entourage, de seulement 3 millions (notre femme de ménage qui est d’Amérique du Sud et est en règle a peur pour des amies à elle qui ne le sont pas). Si ce chiffre paraît énorme, il faut pondérer les choses. Obama, sur la durée de ses deux mandats, en aura quand même expulsé de l’ordre de 3,5 millions !..

L’affaire de l’extension de l’assurance maladie (Obamacare)

Obama s’est plaint que, depuis des années, la Chambre et le Sénat républicains l’empêchaient de faire son travail. Mais surtout il n’a jamais voulu se donner le mal de « négocier avec l’autre bord » les Républicains étant jugés par lui illégitimes (ce que Bill Clinton avait fait avec brio pendant son deuxième mandat, après les excès de son premier mandat aient amené une majorité républicaine dans les chambres). L’échec de la politique d’élargissement de l’assurance maladie dite Obamacare qu’Obama a voulu comme son ‘grand œuvre’ est certainement lié au refus d’Obama de la négocier avec les Républicains. Cette législation, dénoncée dès le départ par les Républicains a été arrachée au forceps. En conférence de presse, la veille du vote d’adoption, la présidente de l’Assemblée, la Démocrate Mme Pelosi, en montrant une pile de feuilles de 20 cm d’épaisseur, en réponse à un journaliste lui demandant ce qu’elle contenait : « Il faut d’abord qu’on la vote pour savoir ce qu’il y a dedans » (sic). Plus tard, la télé montrera une bande vidéo tournée secrètement, où le grand architecte de cette législation, un prof d’université, se félicitait, en petit comité, qu’elle avait été adoptée « grâce à la bêtise du peuple américain » (sic). Obama l’avait ‘vendue’ en disant : « vous pourrez garder votre médecin ». Or cela s’est avéré faux et le système s’avère inviable. Même Bill Clinton le qualifie aujourd’hui de « désastre » : les cotisations doublent dans certains États et l’effet sur l’emploi dans les PME est très négatif.

C’était la première fois aux États-Unis, qu’une grande législation n’avait pas résulté d’une négociation entre les deux grands partis.

L’économie

Le plus important moteur de Trump (au moins dans les États de la Rust Belt, traditionnellement démocrates) a été l’état de l’économie. Il n’y a pas eu de « vraie reprise » depuis 2008. Le taux de chômage est certes retombé à un niveau considéré comme normal (autour des 5%) mais cela est dû au fait que la période d’indemnisation du chômage, ici, est assez courte et que, à son terme, les Américains qui n’ont pas retrouvé de travail ne continuent pas à « pointer ». La courbe intéressante à suivre est donc le taux d’activité (en gros le pourcentage des gens qui travaillent, par tranche d’âge). Or ce taux a fortement baissé (par rapport à la tendance cinquantenaire) ; il y a donc un sous-emploi caché (plein de chômeurs non-inscrits au chômage).

D’autre part, les salaires n’augmentent plus depuis fort longtemps (pas d’offres d’emplois suffisantes - par rapport à la demande de travail --pour que ça pousse les salaires à la hausse) et le revenu de nombreux ménages a baissé. En gros, la nouvelle norme, pour qu’un ménage vive décemment comme ses parents qui vivaient avec un seul salaire, c’est que le mari et la femme travaillent tous les deux. Ce qui veut dire que si l’un des deux est malade ou perd son emploi, le ménage ne s’en sort pas, surtout s’il veut que ses enfants fassent des études supérieures. Car si un secteur s’en sort confortablement, c’est celui de l’enseignement supérieur. Les frais de scolarité que doivent payer les étudiants (ou plutôt leurs parents) n’ont cessé de monter, sans rien qui les en empêche, d’une façon qui peut être qualifiée d’indécente.

La mondialisation a permis à une partie importante de la Chine de sortir, en une génération, de la misère et d’accéder au développement. La mondialisation profite à environ la moitié de la population des pays développés mais laisse pour compte pas mal de gens, dont ceux dont les usines ont été délocalisés dans l’indifférence des élites. Un indice : Trump a fait l’éloge du Brexit et reçu Nigel Farrage…

L’électorat de Trump et sa mobilisation

La réaction des partisans de Trump dans ses meetings a été extraordinaire d’enthousiasme, d’après ce qu’on a vu à la télé. Trump a fait constamment salle pleine dans un nombre incroyable de meetings dans des très grandes salles, voire des stades. Mme Clinton, a fait moins de meetings, dans des salles plus petites et, la dernière semaine, a fait appel à des vedettes du showbiz pour remplir ses salles... Autrement, les jeunes qui, lors des primaires avaient très chauds pour Bern Sanders, n’avaient guère envie de venir l’entendre. D’autant qu’elle n’avait guère de message.

Pour ceux qui pensent qu’il s’agit d’une victoire des « petits-blancs » déclassés, il faut noter que 29 % des hispaniques ont voté Trump, alors que ses propos supposés racistes étaient censés les avoir repoussés. Si les noirs ont massivement continué à voter démocrate, ils ont voté plus pour Trump qu’ils n’avaient voté pour Mit Romney (candidat républicain aux dernières présidentielles). D’ailleurs, il a eu parmi ses soutiens un ancien neuro chirurgien noir, qui était candidat aux primaires et s’est rallié rapidement à lui. Il pourrait être ministre dans son gouvernement. J’ai aussi noté de jeunes personnalités noires, ayant quitté le parti démocrate (parfois avec le slogan : « Démocrates pour Trump ») pour animer des groupes en faveur de Trump et une jeune immigrée musulmane qui se dit progressiste et clame avoir voté pour Trump.

Globalement, la réussite de Trump s’appuie sur une grande défiance populaire contrer les politiques démocrates longtemps contenue qui s’est transformée en colère. Selon des sondages. 75% des Américains pensent qu’il y deux poids, deux mesures (selon que vous serez puissant ou misérables...) et 86% n’ont pas confiance dans l’establishment. Un vieux sage qui a été dans les hautes sphères du pouvoir sous Bill Clinton et donc était Démocrate et ami des Clinton et avait dit (juste avant l’élection), à contre cœur, qu’il ne souhaitait pas la victoire d’Hillary, a dit ces jours-ci : « We are in a revolution », voulant dire « le peuple s’est emparé des commandes ».

Les noirs

Ils ont été fiers d’avoir un président noir, mais leurs leaders, assis sur les anciennes luttes pour l’égalité des droits, sont corrompus et se moquent bien de trois phénomènes majeurs affectant spécifiquement les communautés noires : pauvreté, chômage et criminalité violente dont les acteurs et les victimes sont des noirs. La situation n’a fait qu’empirer. Les causes sont sociologiques et notamment la décomposition de la famille noire. C’est dans les fiefs détenus de très longue date par les démocrates –– et où les lois locales ‘anti-armes à feu’ les plus répressives ont été adoptées––– comme Chicago et son État l’Illinois, que la situation est la pire. Et elle s’est dégradée fortement depuis un an à la suite des émeutes « Black lives matter » (la vie des noirs compte) mouvement passablement manipulé par les mafias noires pour faire reculer la police. Phénomène bien connu en France des zones de non-droit où la police craint d’intervenir et où les dealers tiennent le haut du pavé. Obama, qui est un grand bourgeois ne s’est pas risqué à faire quoique ce soit pour réduire ce problème. La presse a fait écho aux protestations noires contre une supposée partialité anti-noire de la police, mais la violence est surtout celle des gangs noirs et elle touche surtout des noirs dans les quartiers noirs.

Trump s’est adressé aux noirs sur le thème « Votez pour moi ! qu’avez-vous à perdre ? » Il ne pouvait guère être entendu, sauf à la marge. On verra ce qu’il fera.

Le facteur religieux

Un des facteurs de la victoire de Trump a été son engagement « pro-life » (anti-avortement) qui s’est traduit par un engagement à proposer pour la Cour Suprême des candidats partisans d’une interprétation stricte de la Constitution, c’est-à-dire dans le sens voulu par les pères fondateurs et non en fonction d’une vision libérale, ‘évolutive’ de la loi. [Il y a actuellement un siège vacant à la Cour suprême, suite à un décès d’un juge et il y au moins deux juges âgés qui sont susceptible de nourrir ou de démissionner. Donc les désignations à faire, une dans l’immédiat et d’autres dans les prochaines années, vont déterminer l’orientation de la Cour pour une génération. C’est le président qui désigne mais le Sénat confirme]. Des sondages à la sortie des urnes montrent que les « évangéliques » se sont ‘rationnellement’ mobilisés pour Trump, rationnellement c’est-à-dire sans tenir compte de son aspect sulfureux.

À ce propos, petite information montrant ce qui arrive quand un pouvoir politique progressiste prétend « promouvoir la ‘liberté religieuse’ » et que sa visée principale est la « liberté de ne pas croire ». Une association charitable confessionnelle distribue des repas et a l’habitude de faire précéder ses repas d’une prière. Jusque récemment, elle obtenait des dons en nature d’une banque alimentaire sous le contrôle de l’État fédéral. Elle a eu le choix entre continuer ses prières ou continuer à recevoir des contributions de cette banque alimentaire.

On peut noter aussi un « détail » de la grande bagarre qui émaillé l’adoption d’Obamacare : les établissements tenus par des religieuses (écoles, hôpitaux) doivent, dans leurs cotisations d’assurance santé inclure la couverture de leur personnel pour la contraception et l’avortement. Elles ont tenté de s’y opposer en justice et sont montées jusqu’à la Cour suprême, qui n’a pas voulu se mouiller et a renvoyé l’affaire devant les tribunaux ordinaires. Donc l’affaire n’est pas tranchée.

La sécurité intérieure

La situation s’est fortement dégradée depuis environ deux ans. Cette année on en est à plus de 700 assassinats de flics par des meurtriers, en un an ! Il y a une démoralisation de la police. Obama n’a pas trop caché son approbation de Black lives matter. Il y a environ un an, lors d’une des premières sorties du nouveau maire de New York, De Blasio un démocrate bon teint, la police lui a fait une haie d’honneur à l’envers, en lui tournant le dos.

La politique internationale

Il faudrait analyser toute la politique internationale de l’équipe Obama-Clinton (où l’on n’est pas sûr que l’influence d’Hillary ait été majeure, au contraire), mais il y faudrait dix pages. En gros, l’Amérique a opéré un retrait stratégique de la scène mondiale. L’armée a maigri (la flotte de la Marine est redescendue, en nombre de navires, à sa taille des années 20 ; un pourcentage considérable des avions de l’US Air Force ne sont pas en état de voler faute de pièces détachées et d’entretien). L’affaire de la négociation avec l’Iran apparaît pour ce qu’elle ait : une capitulation en rase campagne sans contrepartie et les clauses adoptées sont violées tous les jours par l’Iran.

Selon divers spécialistes, « les ennemis des États-Unis n’ont plus peur d’eux et leurs amis n’ont plus confiance en eux ».

Trump ne va pas s’écarter d’une politique non-interventionniste, mais il va cesser de se laisser marcher sur les pieds en disant merci.

Un style populiste efficace pour la communication grand public et des relations antagonisées avec la presse

Trump a un style de leader populiste et il a un don oratoire pour se faire entendre des foules et mobiliser les moins éduqués. Il a exagéré et parfois dit des conneries, mais il a laissé de vastes zones d’ombre et réussi à faire croire des choses qu’il n’a pas dites. Certains lui ont reproché de ne pas énoncer de programmes, mais Mme Clinton n’en n’avait guère non plus.

Les journalistes sont sortis de leur rôle et de leur déontologie. Les grands journaux et les chaînes de Télé classiques ont « biaisé » à tout va : pas d’enquêtes sérieuses sur les « affaires » Clinton et couverture minimale des infos négatives sur elle, en revanche couverture toujours négative de Trump. Le top du top a été la révélation par Wikileaks que la ‘campagne Clinton’ avait reçu d’une responsable démocrate qui s’était fait embaucher temporairement par CNN, plusieurs questions qui allaient être posées à Hillary Clinton lors des débats officiels ! CNN ne répond rien à cette accusation et il n’y a pas d’enquête interne chez eux. Trump a eu beau jeu de dénoncer les journalistes et de dire que le système était « truqué » (rigged). Comme la crédibilité des journalistes est déjà très basse dans l’opinion, cela aura, en définitive, plutôt joué pour Trump. Mais on peut s’attendre à ce que tous ceux à qui les faits ont donné tort vont continuer à taper contre Trump.

 

Il y aurait encore beaucoup à dire notamment sur les bouleversements probables à venir, entre autres sur l’échiquier international. Trump a, par exemple, dit que les USA payaient plus que leur part du fardeau de l’OTAN et qu’il n’était pas normal que les frais des bases américaines en Allemagne au Japon et en Corée, qui y sont pour la défense de ces pays, continuent à être totalement supportés par les USA. Trump semble ne pas vouloir être interventionniste sur la scène mondiale (il a critiqué, de façon virulente la guerre d’Irak) mais il n’acceptera pas d’être humilié par d’autres puissances (ce qui est le cas actuellement de temps à autres : avions hostiles passant au ras de navires de la marine par exemple) et il va vouloir remonter le potentiel militaire américain dans une optique de dissuasion. Bref, il a une vision et comme c’est un pragmatique, le résultat ne serait peut-être pas ce qui est annoncé, mais il va certainement faire bouger des choses.

Un dernier mot : au moment où Trump constitue son gouvernement, il semble qu’il aura une action plus réaliste que ce qu’il avait annoncé en fanfare pendant sa campagne. Que disent les journalistes français que j’entends ? Qu’il ne va pas tenir ses promesses !.. Décidément, ils ont toujours des leçons à donner.

Enfin, c’est au pied du mur qu’on va voir « le maçon », dans les deux prochains mois …

Addendum le 13 février 2017 : Il y avait ce week-end un forum démocrate. L’un des candidats à la Présidence du Comité national du Parti démocrate (Raymond Buckley, actuellement Président de ce parti dans l’État du New Hampshire) s’est fait remarquer en dénonçant la fuite du parti vers l’extrême gauche lors des élections et depuis la défaite : « Nous n’avions de message pour aucune des personnes que je connais… La seule chose que nous avons dit c’est : ‘Comme c’est choquant !’… Allons, devenez adulte !»