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Campagne présidentielle à Rouen : les appels à l’émeute fleurissent

Dernière mise à jour 18/04/2017

Idées : « Nous savons tous que les campagnes présidentielles sont rugueuses et qu’elles réservent leurs lots de coups bas et de critiques acerbes. Mais cette fois, ça dépasse l’entendement. Le pouvoir (encore) en place a joué de son influence via le Parquet National Financier, qui a orchestré des fuites méthodiques lors de l’instruction des « affaires ». Les canards de gauche (mais pas qu’eux) se sont empressés de les diffuser avec un plaisir manifeste. Le secret de l’instruction et la présomption d’innocence ont été bafoués, le tribunal populaire a été installé. »

Campagne présidentielle faussée

L’ami français qui m’a fait parvenir ce constat à une semaine du premier tour vit actuellement au plus profond d’un pays d’où la liberté d’expression et la liberté d’association ont été totalement bannies par l’arrivée au pouvoir d’un parti unique lié à une puissante armée, il y a plusieurs décennies. Il nous regarde avec tristesse, sidéré devant cette campagne présidentielle faussée par une partie de la Justice et presque toute la presse. S’il lui était possible de s’exprimer par téléphone libre, il assènerait : « Cette démocratie française ? De la confiture à des cochons… » Sans doute lui ferais-je alors remarquer qu’il va un peu trop loin. Toutefois… Comment une France vivant de tels moments électoraux peut-elle s’indigner du référendum de monsieur Erdogan ? Et sur le terrain, dans nos antiques ruelles pavées, sur nos places livrées aux bus, aux vélos et aux canettes, ou au fil de nos rues piétonnes bardées d’enseignes de prêt-à-porter, de boutiques d’accessoires téléphoniques et de cigarettes électroniques, la suite pourrait s’avérer plus lamentable encore...

les politiques n'offrent aucune issue à une situation devenue intolérable.Il nous faut apprendre à faire sans eux. Face à l'impasse électorale, prenons la rue

« Prenons la rue »

A Rouen, les appels à l’émeute s’étalent en effet à la vue de tous – donc, des autorités, des élus, des responsables des partis démocratiques - depuis plus d’une quinzaine de jours. Des centaines d’affiches et affichettes clament : « Les politiciens n’offrent aucune issue… prenons la rue » Parfaitement anonymes, elles appellent, comme des dizaines de graffitis de grande taille, ainsi que des autocollants de belle facture, à se retrouver le soir de dimanche prochain 23 avril autour de l’hôtel de ville de Rouen. Des panneaux électoraux officiels sont eux aussi la cible de cette vaste pollution (quel coût pour la ville et ses habitants ?) : seuls sont épargnés… les candidats d’extrême gauche Arthaud, Poutou et Mélenchon. Pour compléter ce dispositif, les inscriptions « ACAB » chères aux zadistes et autres altermondialistes ultra gauchistes fleurissent sur les murs de la cité. Pour l’information des idiots utiles et ignorants de tout poil, rappelons qu’ACAB signifie : All Cops Are Bastards, « Tous les flics sont des salauds »…

Seuls les panneaux électoraux de la droite sont dégradés, pas ceux des camarades de gauche

Les trotskystes et Rouen

Le ministre de l’Intérieur a déclaré au Journal du Dimanche, sans susciter beaucoup d’attention, que les forces de l’ordre seraient mobilisées le 23 et les jours suivants, face à tous les fauteurs de troubles. En attendant, à Rouen, de longue date place forte du trotskysme où les anciens infiltrés à la Jospin, Cambadélis et autres demeurent des sympathisants de la cause révolutionnaire au sein même du Parti Socialiste, ces très clairs appels à « la rue contre la démocratie » demeurent totalement impunis. Et rive gauche, non loin de la place Saint-Clément, ou rive droite, entre CHU et jardins de l’hôtel de ville, on prépare toujours colle à affiches et bombes de peinture noire.

Absence de volonté, de courage de la part des autorités ? Inculture historique ? Compromission socialiste ? Désir d’un pouvoir à bout de souffle de laisser s’instaurer la peur dans l’espoir d’un vote non de droite ou d’extrême droite ? A Rouen, les murs sont livrés aux appels à l’émeute. Rien ne devra nous étonner, dimanche soir.

François Henriot