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Un tunnel sous l’estuaire de la Seine…une idée qui reste à creuser

Dernière mise à jour 26/03/2016

Idées. Michel Duval qui a fait l’essentiel de sa carrière à la mairie du Havre dans divers services administratifs a une passion : un tunnel sous l’estuaire de la Seine pour faire passer le train entre le port du Havre et la rive gauche. Ce franchissement ferroviaire selon son hypothèse serait réalisé dans un tunnel constitué de caissons immergés. Il le voit positionné au droit de La Rivière-Saint-Sauveur ou de Berville, reliant la boucle ferroviaire desservant l’arrière-port du Havre à la voie ferrée en rive gauche de la Seine aboutissant à Honfleur.

Le scénario C de la LNPN franchissait l’estuaire

Cette liaison établirait une véritable jonction entre le Havre et Caen, maillon essentiel pour la construction d’une grande Normandie et l’essor du Port du Havre. Ce franchissement s’inscrivait dans un des scénarios de la LNPN. Laissons parler le géographe Yves Guermond : « pour information (et pour l'histoire...), je vous rappelle que notre collectif des 15 géographes normands avait pris position lors du débat LNPN pour l'option C du tracé, qui supposait d'atteindre Le Havre et Caen à partir de Rouen par un trajet en rive gauche, qui supprimait le tunnel de Rouen et le remplaçait par un tunnel sous l'estuaire respectant l'environnement. Cela permettait d'envisager une liaison directe Caen-Le Havre. Cette position avait été clairement affirmée dans notre livre paru en 2012 "La Normandie en débat". Elle n'a malheureusement pas été retenue dans un débat biaisé. »

Le projet de tunnel sous l'estuaire est donc une idée potentiellement prometteuse et depuis plus d’une décennie Michel Duval se bat pour la faire prendre en compte et inonde les responsables politiques de courriers.

De nombreuses réussites en Europe à des coûts abordables

Malheureusement il n’est ni ingénieur, ni financier et n’a guère les moyens d’argumenter. A ceux qui disent que ce franchissement de la Seine est une opération à 4 milliards d’euros il tente d’opposer les réalisations, il rappelle donc que :

- le tunnel immergé de l'Oresund (Suède) réalisé avant mars 1999, d'une longueur de 3,75 km (le triple ou le quadruple de celui qui serait implanté dans l'estuaire de la Seine), accueillant une autoroute et deux voies ferrées (celui sous la Seine n'accueillerait que les voies ferrées), et implanté dans un endroit plus difficile, a coûté environ 534 millions d'euros.

- le coût de la traversée sous-fluviale de la Warnow à Rostock (Allemagne) s'élevait à 215 millions d'euros, celui de la Tyne à Newcastle en Grande Bretagne est de 355 millions d’euros

N’oubliez pas Serqueux - Gisors

La desserte ferroviaire du Havre est un point clé du développement du port qui a besoin d’établir des jonctions avec l’Est de la France, tant en direction de l’Allemagne, qu’en direction de la Bourgogne.

Et la Normandie pour se développer a besoin de communications rapides entre ses trois métropoles.

Le tunnel aurait pu être un atout il est dommage que le scénario C de la LNPN n’ait pas vraiment fait l’objet d’une analyse technique et financière… La voix de Michel Duval a donc été étouffée par l’édredon administratif.

La première urgence nous paraît toutefois que le tronçon Serqueux – Gisors puisse voir le jour rapidement alors pensez à aller vous manifester sur le site de l’enquête publique.

Au départ des projets pour la LNPN figurait l'hypothèse C (en jaune) avec franchissement de la Seine sous l'estuaire